New Born

Je m'appelle Maël, j'ai 22 ans et je vais mourir. Tout ça à cause d'un mot très long, très moche et très bizarre. Qui résonne très longtemps dans ma tête après que ce petit homme tout petit et tout chauve me l'a annoncé. Ce mec minuscule à qui il faut donner du « docteur » parce qu'il diagnostique à 20 personnes par jour une mort dans d'atroces souffrances dans les six mois à venir. Merveilleuse société...
J'ai appelé Andréas.
« Alors ?
- Bonjour, ça va merci et toi ?
- Déconne pas Maël, qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Ostéosarcome.
- ...
- Fais pas le mec triste, tu sais même pas ce que ça veut dire.
- Je fais pas le mec triste, je fais le mec qu'a pas compris.
- Un cancer des os.
- ...
- ...
- Là je fais le mec triste.
- ...
- Maël ?
- Ouais ?
- Qu'est-ce qui va t'arriver ?
- Chimio et autres traitements qui vont bousiller mon corps et mon cerveau.
- Maël ?
- Ouais ?
-Tu vas mourir ?
- ...
- Tu vas mourir ?
- Les taux de guérison sont faibles.
- ...
- Je passerai pas ce soir, j'ai besoin de faire le point.
- Maël... »
Mais j'avais déjà raccroché. J'ai marché. Je voulais attendre la nuit. Je n'aime pas pleurer quand il fait jour. J'ai marché dans Paris et j'avais l'impression d'ouvrir les yeux pour la première fois. C'était à la fois beau et terrifiant. Tout ces bâtiments immenses, hostiles et froids. Tout ces gens aux visages fermés, les yeux vides et la tête rentrée dans les épaules pour échapper à la morsure du froid. J'avais envie d'hurler après ces pantins : « Vivez bordel ! C'est pas parce qu'il y a un peu de vent et que vous avez raté votre taxi que votre vie s'arrête ! Quand vous aurez un cancer vous ferez quoi ? Vous vous jetterez dans la Seine ?! »...
La nuit tombait enfin, et j'étais encore loin. Quand j'arriverais il ferait nuit. J'allumai une cigarette et prit la direction des quais.
J'ai marché longtemps et la lumière du soleil laissait doucement place à celle de la ville. Une idée a traversé mon esprit. « Je suis un presque-réverbère. » Les réverbères sont des papillons de nuit recyclables. Ils meurent tout les matins et renaissent chaque soir. Ils sont les espoirs futiles des paumés de mon espèce. L'espoir que demain sera plus beau qu'aujourd'hui. Ce soir, ils ne veulent plus rien dire pour moi. Je suis un presque-réverbère parce que je ne me lèverai pas demain. Je suis un papillon qui ne finira pas la nuit. Demain aurait été un jour meilleur. Peut-être pas.
J'ai marché longtemps, et je suis finalement arrivé. Le Pont Neuf me faisait les yeux doux. Les amoureux me regardaient bizarrement. « Qui est ce grand type tout maigre ? » « Avec des vêtement trop grands pour lui, et une écharpe orange ridicule ? » « Avec les cheveux dans les yeux, et qui pleure comme une madeleine ? » « Ouais lui. » « Regarde il fume une cigarette éteinte ! » « Tu as vu ces cernes ? » « C'est un junkie tu crois ? » Fermez-la, vous me donnez la migraine. Je me moque de vos avis. Et pour m'en persuader, j'ai enfoui mon visage dans l'écharpe orange ridicule de mon Andréas. Elle à toujours son odeur. Un mélange de tabac froid, d'après-rasage et de cannelle. J'aime tellement son odeur. Si j'avais dû choisir une seule chose à cet instant, j'aurais voulu tes bras autour de moi, et tes lèvres dans mon cou. Ton souffle qui me rend dingue sur ma peau glacée.
J'ai marché longtemps, et j'ai enjambé la barrière en arrivant. Là, je me suis assis, les jambes dans le vides. L'eau froide courait en silence sous mes pieds. Une autre cigarette, la dernière. Le vide glacé. De la fumée brûlante. Et puis plus rien.

Je m'appelle Maël, j'ai 15 ans et je viens d'entrer au lycée. J'ai un prénom de fille. On m'avait annoncé de sexe opposé et je suis arrivé. Ma mère était peu inspirée. Et voilà. Je m'appelle Maël. Elle n'a pas mis le « lle » à la fin. Elle aurait dû. J'aurais préféré avec deux « l ». Deux ailes. Résultat des courses, j'ai un prénom de fille, même pas de quoi me prendre pour un ange et comme tous les jours de la rentrée depuis que j'ai l'âge d'aller à l'école, on se fout de moi.
« Mlle Maël Potier ?
- Monsieur Maël Potier. »
Et après ça, je n'ai plus la paix de l'année. Je ne suis pas bien gros, je ne peux pas me défendre, on peut facilement me castagner, et il faut toujours un bouc émissaire. Mais cette année, il y a un autre prénom bizarre dans la classe.
« Mlle Andréas Danière ?
- Monsieur Andréas Danière. »
J'ai tourné la tête et j'ai vu Andréas pour la première fois de ma vie. Il était déjà tellement beau. Grand blond aux yeux bleus, toujours une mèche de cheveux devant les yeux. Elles craquaient toutes pour lui. Mais il s'en moquait. Je trouvais ça bizarre. A cet âge, on courait tous après les filles. Mais pas lui. Pour la première fois de ma scolarité, je n'ai pas eu une trouille bleu à l'arrivée de mon nom. J'ai répondu en souriant que c'était Monsieur Maël et le prof s'est traité d'imbécile. Andréas m'a souri. J'ai su qu'Andréas et moi, on serait amis. J'ai compris plus tard pourquoi Andréas ne s'intéressait pas aux filles. La première fois qu'il m'a embrassé, j'ai reculé. J'avais peur. Des autres, de leurs regards. Mais il me regardait avec ses yeux bleus. Et je n'ai pas pu résister. Quand ma mère est venue me chercher au lycée cette année là, je ne pleurais pas le jour de la rentrée en répétant que je n'y retournerais plus jamais.
J'ai toujours beaucoup aimé ma mère. Ce n'était pas une lumière mais elle était adorable et elle faisait tout pour que je sois heureux. Je n'ai jamais eu de père. Seulement un géniteur. Un père ça vous aime quoi que vous fassiez non ? Le mien n'aimait pas les tapettes. Les tantouzes. Les gens comme moi quoi. Je leur avais présenté Andréas. Je ne voulais pas au départ, mais il avait insisté, et je n'avais pas pu résister à ses yeux bleus, encore une fois. Mon père m'avait frappé. Une claque d'abord. Puis il avait voulu s'en prendre à celui qui avait « pourri son fils ». Je m'étais interposé et maman avait mis Andréas dehors. Ce jour là, j'ai décidé d'oublier le mot « père ».
Le lendemain matin, je n'avais pas osé cacher mes bleus et j'était allé en cours avec une tête de chien battu. Je suis sorti de la maison. Andréas dormait devant la porte, appuyé contre le mur, enroulé dans son blouson.
« Andréas, qu'est-ce que tu fous là ?!
- Bonjour Maël. Bien dormi ?
- T'es cinglé ou quoi ?!
- Je t'attendais. Ton visage...
- Oublie ça. T'a passé la nuit ici ?!
- Pourquoi pas. On y va ? On va être en retard... »
Nous étions au mois de Décembre, nous avions 16 ans, et j'ai sû ce matin là que je ne vivrais plus une seule seconde sans Andréas.
Quand on a eu notre BAC, on est monté sur Paris. Ensemble. On a cherché un travail. Un appartement. Ensemble. Et on ne s'est plus quitté. Andréas ne craignait pas le regard des gens sur notre homosexualité. Moi, j'avais toujours eu du mal à m'assumer. Mais bizarrement, quand je marchais dans les rues parisiennes, ma main dans celle d'Andréas, je ne craignais pas les regards mesquins ou dégoûtés qui glissaient sur nous. Andréas était mon imperméable à la connerie des gens. Je n'ai jamais quitté Andréas. Je ne l'ai jamais laissé seul, sur un mot, une phrase qui aurait pu l'angoisser. A part ce soir... Mais ce soir, tout est différent. Je ne reviendrai pas.

Je m'appelle Maël, j'ai 22 ans, un cancer des os et il neige sur Paris. Aussi loin que je me souvienne, j'ai jamais aimé la neige. J'ai jamais vraiment partagé cet engouement pathétique que les Autres avaient pour cette poudre blanche et froide. Si je dis les Autres avec un grand « A » ce n'est pas que je les respecte. Bien au contraire. Mais ils sont plus grands, plus forts, plus nombreux aussi. Je ne suis pas comme eux. Ils aiment leur vie. La mienne se résume à un cancer des os, à l'incompréhension de ceux qui m'entourent et à l'homosexualité. Certains diraient que j'ai toute les tares du monde. Ce soir, je suis assis sur le Pont Neuf sous la neige et je me demande dans combien de temps je vais sauter. Je ne me laisserai pas mourir sur un lit d'hôpital. J'ai toujours voulu contrôler ma vie, et je me rends compte que je n'ai jamais réussi. Elle ne m'échappera pas cette fois. Pardon Andréas, je t'aime tu sais, mais cette fois non, je ne me laisserai pas avoir... C'est dingue mais... à chaque fois que je pense à Andréas, la ville me paraît moins grise. Je sais c'est ringard, mais c'est pas moi qui ai inventé l'amour hein ! J'y suis pour rien si quand on est amoureux, on est heureux et que même avoir un cancer des os, ça ne nous paraît pas grand chose à côté de l'idée de ne plus jamais voir celui ou celle pour qui on se lève chaque jour. Dis moi Andréas, que ferais-tu si je ne me réveillais plus jamais à tes côtés ? Moi, je ne pourrais pas vivre sans toi... Une voix murmure dans ma tête « Saute pas Maël, Andréas ne pourra jamais vivre sans toi ! » Qu'est-ce qu'elle en sait hein ?... Tu m'aimes mon amour ? Je sais que oui, mais je voudrais l'entendre... Je crois que tu ne me l'a jamais dit autrement qu'avec tes yeux ou tes mains... J'aurais besoin de l'entendre Andréas. Mais je sais que tu m'aimes autant que je t'aime. Tu ne vivrais pas mieux sans moi que je ne vivrais sans toi... Alors quoi ?...

Je m'appelle Maël j'ai 22 ans et ma vie est une pochette surprise. C'est la nouvelle idée de la soirée. Je suis un presque-réverbère et ma vie est une pochette surprise. Je m'explique. J'ai retracé les évènements marquant de mon existence ce soir, assis sur le Pont Neuf, les jambes au dessus du vide, et la notion de suicide me trottant dans la tête. Chaque jour qui passait me paraissait toujours plus moche. Et on a atteint l'apothéose. On m'annonce un cancer des os à 22 ans. « Un miracle de la science ». Un miracle ouais. Tu me trouverais pas le remède « miracle » toi le petit chauve ?! Non bien sûr que non, lui, il s'extasie seulement devant le miracle de la nature que je suis. Seulement voilà. J'ai beau jouer les martyres, il faut ouvrir les yeux. Je suis amoureux, et même si ce que je vais dire est le truc le plus ringard au monde, même si c'est ridicule, aussi ridicule que les shorts à bretelles, être amoureux, ça rend la vie tellement plus belle. A chaque fois que ma vie était sombre, l'amour me l'a éclaircie. Je déteste le type qui a inventé cette notion d'amour et de bonheur à la pelle quoi qu'il arrive, parce que je me sens sacrément con là. Mais pour en revenir à tout ce qui m'arrive... Je crois que mourir et ne plus jamais revoir Andréas ce soir, c'est beaucoup plus dur que d'essayer de guérir d'un cancer. Je ne peux pas le laisser là, dans ce monde qui transpire la décadence alors que je sais pertinemment que je suis le seul qui le comprends. Lui, il a le courage de faire face, et je sais que je l'aurais aussi, si je reste avec lui. Ne pas être lâche. Chaque jour qui passe me paraît inutile, comme les gadgets que renferment ces pochettes rose bonbon ou bleu turquoise, aux milles couleurs pailletées dessinées dessus. Mais ces jours inutiles, ils valent quand même quelque chose. Un peu comme ces jouets débiles qui ont pourtant une signification pour les mômes. Regardez un gamin qui ouvre sa pochette ! A l'intérieur, il y voit des trésors, même si pour nous, vieux moches aigris que nous sommes, ce ne sont que des voitures en plastiques de mauvaise qualité ou une fausse baguette magique qui perdra des paillettes dans dix minutes. Ce soir, j'ai appris à voir la magie de chaque jour qui passent, et les trésors cachés qu'ils renferment. Ce qui est malheureux, c'est qu'il a fallu attendre 22 ans, un cancer des os et une nuit sur le Pont Neuf à fumer cigarette sur cigarette assis au dessus du vide. Il faudrait apprendre à voir le bonheur sans ça. Je l'apprendrai à Andréas. Les Autres n'auront qu'à se débrouiller. Et je sais que les gens comme nous, les gens qui savent vraiment vivre, s'en rendront compte aussi, je leur fais confiance.

Je m'appelle Maël, j'ai 22 ans et je marche dans Paris. Le même chemin qu'à l'aller, mais à l'envers. Je rentre chez moi. Chez nous. Chez mon Andréas qui doit dormir, les sangs rongés par les nouvelles que je n'ai pas données cette nuit. J'ai monté doucement les escaliers et je suis arrivé sur le palier de notre appartement. J'ai ouvert doucement la porte pour qu'elle ne grince pas trop, j'ai évité les lames de parquet branlantes pour ne pas faire le moindre bruit. Dans le salon-cuisine-salle-à-manger, sur le canapé, enroulé dans une couverture, Andréas dormait. Quand je suis entré dans la pièce, il s'est réveillé, doucement.
« Salut Maël.
- Salut Andréas.
- T'était passé où ?
- J'étais...
- Tu sais quoi ? ça n'a aucune importance, le principal, c'est que tu sois revenu. »
J'ai souris. Lui aussi. Je me suis assis à côté de lui et je l'ai embrassé. Tout doucement.
« J'ai vraiment flippé, Maël. Plus jamais ça hein ?
- Plus jamais.
- Tu sais, on va y arriver tout les deux, à battre ce putain de cancer.
- Je sais. C'est pour ça que je suis rentré. »
Cette fois, c'est lui qui a souri.
« Je t'aime Maël. »
Ces mots que j'entendais pour la première fois sortir de la bouche de mon Andréas m'ont fait vibrer de la tête aux pieds. Mon c½ur battait tellement fort, et mes bras se sont hérissés. Je savais que j'avais eu raison de rentrer...
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# Posté le samedi 23 août 2008 20:25

I've Nothing (Else) To Tell You

Je voudrais vraiment vous oublier. Fantômes macabres de mes nuits blanches. Traces sanguinolentes sur des draps trop blancs. Draps souillés de larmes. Larmes de vos mensonges, votre manque, vos absences.
Je voudrais vraiment vous oublier. Quelques prénoms, notes fades d'un musique dissonante à mes oreilles. Tenter de se montrer forte et glisser lentement dans le puit des Perdus sans se retenir à rien, juste pour espérer vous y retrouver.
Je voudrais vraiment vous oublier. Ne pas crever à petit feu sans prendre ce putain de virage alors que je pourrais détourner le regard de tout ce qui me hante sans trop savoir pourquoi.
Je voudrais vraiment vous oublier.
Je voulais vraiment vous revoir.
Mais je m'en suis sortie.
# Posté le mercredi 28 mai 2008 13:32

Fais moi la haine.

Fais moi la haine.
Quand ton regard me mens et que je ne crois plus en tes mots. Quand je me jure l'indifférence et que je tremble sous tes mots. Quand le ciel s'effondre et nos nuages crèvent au dessus de nos têtes nues. Quand plus rien n'a de sens, plus rien n'est beau. Quand tout disparaît...
Fais moi la haine.
Quand les 5 fades couleurs de mon ciel se transforment dans tes tourbillons macabres noir et blanc dans une danse nocturne improvisée. Quand tu me sers contre ta peau brûlante. Quand tout est chaos, macabre, carnages. Quand je hurle nos vérités aux quatre vents. Quand personne ne m'entends...
Fais moi la haine.
Détruit jusqu'au dernier de mes soupirs et endorme moi. Endolorie. Et maudit-moi, maudi-moi, je préfère encore ça à tes caresses. Tout en toi n'est que mensonges et je voudrais oublier jusqu'à ton nom. Quand plus rien ne va, quand plus rien n'est vie...
Fais moi la haine.
Pourrais-tu seulement entendre mes sanglots dans l'hécatombe où tu as plongé nos vies ? Je n'ai jamais voulue être heureuse dans tes bras. Jamais pu. Les amours tendres, ce n'est pas pour moi, pas pour nous. Alors, une dernière fois, regarde moi et quand tu trouveras au fond de mes yeux la flamme qui brille encore pour toi...
Fais moi la haine.


Bones Part I - Bellz

Fais moi la haine.
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# Posté le mercredi 28 mai 2008 13:29

"Andréa" ou l'amour à mort.

Cher « Andréa »,
On aurait pourtant pu s'aimer sans en crever. On aurait pu essayer d'être un couple d'une niaiserie rare, il paraît que l'amour rend con, on aurait eu un excuse. Se cacher dans des petits endroits secrets pour se bécoter, parce que bien sur, pas de sexe, ou alors ne surtout pas en parler, c'est méga tabou une vraie relation d'amour. On pourrait aussi devenir une bande de vaseux pathétique à se regarder dans le blanc de l'½il pendant une éternité, s'écrire des mots doux et se faire des sourires douteux de mièvrerie. Oh oui, ce que ça serait beau ça aussi... Mais j'avoue que ça n'aurait aucun intérêt. Quand on aime, c'est pour mourir d'amour. C'est pour se brûler les sens jusqu'au petit matin et regretter ensuite de pas avoir mis de capotes parce que chacun sait que l'autre baise ailleurs sans se protéger. C'est se cracher au visage et croire qu'on ne s'aime plus et se jeter l'un sur l'autre comme si le monde allait s'écrouler et qu'on voudrait pas crever ailleurs que dans nos bras. Dans nos étreintes de satin, à hurler à la pleine lune, nos maux d'amour. C'est se mentir et se dire qu'on arrêtes de se voir. C'est pleurer. Anoréxier sa vie de nos mensonges. Vomir l'hypocrisie de quand on se croise dans la rue. C'est se croiser et se sourire comme si de rien n'était. Tu vois, comme ça ça serait le summum de l'hypocrisie, on pourrait presque dire de l'horreur, parce qu'on le ferait, par jeu, de s'arracher le c½ur à pleines mains, avec une volonté terrifiante de souffrir plus que l'autre, de se mordre au c½ur avec froideur comme si rien n'était vrai, ou plutôt comme si on aurait voulu que rien ne soit vrai tout en sachant qu'on ne pourra que crever si c'était un rêve. Tu me suis ? Je suis sure que oui. Tu as au moins un cerveau aussi pervers que le mien, dans ses questions d'amour à en crever. Tu vois « Andréa », ma vie, je l'aurais voulue comme la leur. Sauf que c'est impossible, parce que tu vois, eux, ils s'aiment. Ella et Andréa, ils étaient fait pour s'aimer. Et elle était faite pour hurler sur un trottoir en lisant par SMS qu'il venait de se foutre en l'air. J'aurais aimer pouvoir hurler sur un trottoir moi aussi, portable dans la main, parce que ça voudrait dire que m'aurait aimé. Tu vois, je sais que tu voudrais bien vivre et mourir comme ça. Et c'est pour ça que je trouverais ça presque drôle de vivre sa vie. Parce qu'on n'a pas la même vision de ce que devrait être une belle vie toi, moi et les autres. Mais il y autre chose. Il y a que pour le moment, je crève toute seule, et que du coup, je trouve ça moyennement drôle. Mais tu sais quoi, prends ton temps. Et puis si ce temps ne doit jamais venir, ça me passera bien tu sais. Et alors je prendrais le fantasme de vivre cette vie parallèle avec un autre bouffon de ton acabit. C'est drôle à quel point c'est marrant, la vie.

« Il est difficile à cerner. En fait il est toi. »
« Hein ? »
« Bah toi en gars quoi. »
« Mais pourquoi ? »
« Parce que tu vis dans un univers différent qui te va bien. Tu es différente. Et il faut te connaître pour savoir un peu qui tu es... »
« ... »
« Tu le prends mal ? »
« Oh non, au contraire, c'est un des meilleurs compliments qu'on met jamais fait... »

Bien à toi, « Andréa ».

Hell


C'est tellement plus simple de dire la vérité à travers de faux mots...
# Posté le mardi 25 décembre 2007 09:38

Le rêve

Si tu voulais, dans tes contre-sens non usuels
Partager un peu l'éternel
De nos paradis artificiels
Et qu'on s'donnerais de l'amour à la pelle
Et même que si j'était belle...

On s'cracherais à la gueule des mots d'amour
Tellement faux qu'on en deviendrais sourds
On balancerais par la fenêtre
Les gens, leurs vies, leurs paraîtres.
Et même que de mal-être, disparaître...

On sourirait à pleines dents
On s'arracherait la gorge, se mordant
On hurlerais à la Lune
On crèverais même la gueule ouverte
Et même qu'on courrait à notre perte.

On plongerais nos mains crochues
Dans les ombres de nos plaies béantes.
On apprendrais qu'on s'est perdus
Dans les méandres de nos c½urs percés
Et même qu'on saurait plus s'aimer...

Un peu comme si on aurait du l'apprendre
Sans trop vouloir s'entendre
Dans les cendres des anciennes veillés
Où on aurait du apprendre à s'aimer...
Et même qu'on en mourrait.

The Starz
# Posté le samedi 10 novembre 2007 06:16